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Le meilleur des mondes – Aldous Huxley : Vraiment ?

By | Bullshit, Political Bullshit | No Comments

Je poursuis ma poursuite des classiques de la littérature Dystopique après Le maître du Haut Château de Philip K.Dick, voici Le meilleur des mondes (Brave new world en VO) d’Aldous Huxley.

L’histoire du meilleur des mondes

Bienvenue à Londres des siècles après l’implantation du Fordisme dans le monde. Vous trouvez le terme implantation exagéré ? Détrompez-vous, jamais mot n’a été si bien employé lorsqu’il s’agit de rationaliser l’intégralité des aspects sociétaux, humains et sentimentaux de l’humanité. Dans ce nouveau monde – le meilleur, on vous promet le bonheur, un travail adapté à vos compétences, des loisirs distrayants pour occuper votre temps libre ainsi qu’un accès sans limite à toutes les premières nécessités : eau, nourriture, sexe et ce, pour tout le monde.

La seule condition ? Laissez votre libre arbitre et votre capacité à procréer au placard car ici, on façonne les êtres humains pour adhérer à un modèle de société et non l’inverse. Faites donc en sorte de vous retrouver dans les meilleures castes, celles des bébés nés en éprouvette et conditionnés à être l’élite de la nation mais attention, rien ne dit que vous serez les plus heureux de ce monde.

Bienvenue dans le meilleur des mondes

Le meilleur des mondes présenté par Huxley a été façonné en 1932 dans l’esprit de son auteur en quelques mois. A l’époque, la science inquiète autant qu’elle fascine et on peut déjà sentir au travers des lignes écrites par Huxley une peur de l’eugénisme importante. La science n’est pas la seule à trinquer au banquet des craintes : la technologie et le Fordisme, érigé en religion dans le livre sont autant de sujets de préoccupation pour l’auteur.

Meilleur des mondes analyse

Plus qu’un simple récit dystopique, le livre fait la part belle, en fin de roman, à un dialogue philosophique entre un concerné et un exclu de ce système.

Le bonheur, lui aussi est remis en question au travers des quelques personnages principaux.

Bernard cherche l’approbation de son milieu tout en le méprisant, il veut être accepté alors qu’il est trop « intelligent » voire « éveillé » par sa condition d’élite. Malheureux de ne pas avoir pu choisir d’être comme les autres, il cherche sans arrêt à se conformer à cette société qui ne veut pas de lui et dont il ne veut pas, simplement parce que c’est « dans l’ordre des choses ».

John quant à lui cherche à survivre dans ce nouveau monde qu’il découvre et dont il a entendu tant de bien. Il ne comprend pas que ce qui a pu tant enchanter sa mère, conditionnée depuis sa plus tendre enfance, ne soit qu’un monde affreusement effrayant et pervers qu’il ne voudrait découvrir plus. Tiraillé entre l’espoir de s’y conformer, de le comprendre, de l’aimer et sa raison qui le pousse à rejeter en bloc ce « meilleur des monde » rempli de jumeaux effrayants, inhumain et affreusement triste où tout a un but, il cherche simplement sa place. Est-elle alors parmi les sauvages ou parmi les « civilisés » ?

Lenina est le seul personnage féminin à être décrite par ses pensées, par ce qu’elle ressent. Pur produit du Fordisme et conditionnée depuis l’enfance, elle ne cherche que le bien de la société, la respectabilité et son propre bonheur lorsqu’elle tombe amoureuse. Un bonheur incompatible avec celui que le meilleur des mondes cherche à lui vendre depuis sa naissance : l’exclusivité sentimentale, la découverte et les sentiments en font une grande partie.

Ces 3 personnages principaux sont entourés de formes abstraites aux caractères indéfinis, produits en série, qui représentent bien les biais de l’industrialisation telle que l’imaginait Huxley

Un meilleur des mondes contemporain

Si le livre a été publié initialement en 1932, il n’en demeure pas moins affreusement actuel. C’est ce que je me suis dit en commençant à le lire, juchée sur le rooftop de mon travail, clope au bec. J’ai été saisie par la proximité entre les « prédictions » d’Huxley et la société en train de se dessiner sous nos yeux.

Le refus de la bestialité et des racines humaines en font partie, la création d’une société aseptisée aussi où aucun mal ne serait permis. Voyez ami.e.s SJW ce qui nous attend avec vos conneries de Safe Space.

Dans le livre, on pousse les reliquats d’humains, nés en batterie à rejeter tout libre arbitre et toute éventuelle capacité à faire entendre sa voix, on leur dit que la société sait mieux qu’eux ce qui est bon pour eux. J’ai lu ce livre en plein pendant les évènements de l’affaire Benalla. Je vous laisse imaginer comme je me suis sentie dans le ton.
Et j’ai lu la fin du livre, le fameux dialogue entre les deux points de vue : sociétal et humain et me suis rendue compte que bien sûr, rien n’était aussi simple qu’au travers du prisme du maccarthysme, la méchante société d’un côté, inhumaine et froide et l’humain sauvage, libre. Non, la société est froide pour servir un but et la « sauvagerie » n’est pas synonyme de sagesse ni de liberté.

Je pense sincèrement que le livre devrait être lu en cours de philosophie pour permettre de remettre au goût du jour un simple fondement de ce que j’essaie de penser chaque jour.

Rien n’est bon par essence, rien n’est mauvais par essence. Tout est questionnable.

Le mal n’est pas fait par de mauvaises personnes et les actes de bien ne sont pas forcément témoins de la bonté d’une personne. Voilà à quoi m’a servi le meilleur des mondes, à savoir que le mien, s’il n’est pas le meilleur, n’a rien à aller chercher dans la société parfaite car elle n’existe pas.


Les images utilisées dans cet articles sont issues du projet de Marina Munn dont vous pouvez retrouver l’intégralité sur son profil Behance.

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Le Refuge – Une protection pour les victimes d’homophobie à Grenoble

By | Bullshit, Trash Can | No Comments

L’appel à projet participatif de la ville de Grenoble pour 2016 a distribué son enveloppe de huit cent mille euros à neuf projets d’envergures différentes. Parmi les lauréats, l’association le Refuge a prévu d’ouvrir une Antenne sur Grenoble. Explications.


Le Refuge : l’association

Conflits familiaux, homophobie notoire, déboires sociaux et professionnels, les bénévoles de l’association Le Refuge tentent de réinsérer ces jeunes homosexuels ou transidentitaires mis à l’écart. L’association, crée en 2003 regroupe à présent huit délégations, neuf antennes établies et deux en projet, dont celle de Grenoble.

J’ai eu la chance de pouvoir rencontrer Bertille Collignon, porteuse du projet et Céline lors d’une petite entrevue à la maison des associations. Ne possédant pour l’instant pas d’autres locaux que ce bureau, j’ai pu cependant entrevoir de beaux projet dans leurs mots. Elles espèrent l’ouverture de l’antenne cet été et pouvoir héberger des jeunes dès la fin de l’année. Entre vingt et vingt-cinq bénévoles sont déjà derrière Bertille, pour l’aider. Elle m’a précisé qu’ici à Grenoble, les partenaires et les mécènes sont plus investis qu’à Lyon par exemple. Un vrai petit bataillon armé de bonne volonté est en train d’être mis en place, un commerçant a, par exemple, proposé de leur donner tout ce dont les jeunes auront besoin pour manger, prendre soin d’eux. Une vraie démarche de réinsertion par de petits détails comme aller faire les courses dans un réel magasin sera un plus pour des jeunes en grande détresse sociale et professionnelle.

Pour les soutenir, l’antenne bénéficie déjà de l’aide de deux psychologues entièrement bénévoles et de plusieurs travailleurs sociaux. Le but de l’antenne est d’épauler les jeunes mis à la porte de leur foyer, de les aider dans leurs démarches, de les tourner vers une expérience professionnelle gratifiante, de les rendre autonomes. Outre une écoute, elle proposera deux places d’hébergement

Principalement, ils viennent retrouver un foyer, des amis, des bénévoles bienveillants. La moyenne d’âge est de vingt et un an mais l’association peut héberger des jeunes qui comptent entre dix-huit et vingt-cinq ans au compteur.

Les jeunes hébergés bénéficient d’un appartement pendant un mois, contrat renouvelable 6 fois et ils restent en moyenne entre deux et trois mois. Le but étant de servir de relais lors des situations d’urgence, de permettre au jeune d’avoir un environnement stable pour pouvoir se reconstruire, chercher un travail, le tout aidé par le Refuge.

Les actions du Refuge à Grenoble

Pour répondre au mieux aux problèmes et aux confessions des jeunes, les bénévoles suivent des formations tant administratives que sociales et psychologiques. Ces jeunes, un public délicat qu’il faut épauler au mieux. C’est pour ça que l’antenne a d’ores et déjà établi des partenariats avec plusieurs associations grenobloises et nationales. La Cigale (collectif inter-associations Gay et Lesbienne) établi depuis 1994 dans la métropole, SOS homophobie association nationale et, Bertille et Céline l’espèrent, Aides, luttant contre le sida.

Au travers d’événement comme la Gay Ski week du 17 au 24 janvier, les premiers bénévoles de l’antenne ont pu rencontrer des jeunes aidés par la délégation de Paris ou de Lille et les partenaires de l’association.

Bertille me parle de réinsertion sociale, de la Gay Pride (en mai) pendant laquelle l’antenne aura un stand. L’association a également initié sa semaine nationale qui aura lieu en mai pour sa quatrième édition. L’occasion d’ouvrir le dialogue sur l’homophobie, la transphobie et leurs répercutions sur les jeunes.

Vous l’aurez compris, j’ai été enchantée de cette rencontre avec les deux femmes et soutiens le projet de la délégation Auvergne Rhône-Alpes de l’association. Je le rappelle : l’antenne sera crée, espérons, en été 2016 et commencera à héberger des jeunes à la fin de l’année. Vous pouvez d’ores et déjà aider la concrétisation de ce projet ainsi que les actions de l’association en faisant un don ou en y adhérant.

Rappelons également que l’homophobie est un délit et qu’il ne faut pas hésiter à la dénoncer. Si vous vous trouvez dans une situation de rupture familiale ou sociale, une ligne d’écoute est disponible : 06-31-59-69-50. Il s’agit d’une ligne d’urgence, ouverte 24/24h et 7/7j.

Je ne peux que vous conseiller d’en parler autour de vous, d’ouvrir le dialogue avec vos amis, votre famille. Il s’agit là d’un sujet qui me touche beaucoup et qui reste, en 2016, un sujet d’actualité.


Cet article a été initialement écrit en 2016 lors de mon travail chez Les Antennes, si vous souhaitez en savoir plus sur mes anciens articles, n’hésitez pas à les consulter mais mes nouveaux articles sont flambant neufs et plutôt cool ! 

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