Ghostland – Critique : PUTAIN. MYLENE FARMER CASSE DES CUL

J’ai regardé Ghostland de Pascal Laugier. Mon avis en condensé ? Meh.

Chaque année, je regarde à l’avance le Line-up du festival de Gerardmer, festival du film fantastique qui, en 2018 honorait le MAÎTRE Lovecraft avec expositions et tout le Toutim. Cette année, un film m’avait tapé dans l’œil par le thème qu’il traitait. Ghostland, de Pascal Laugier.

Ghostland - Critique

Québlo

Ghostland raconte l’histoire de Vera, Beth et leur mère sans nom emménageant dans la maison de leur défunte tante Clarisse. A peine arrivées, elles subissent l’attaque de deux tueurs en série faisant un carnage dans la maison, tuant les parents, séquestrant les enfants. Si la mère permet aux jeunes filles de survivre en se battant corps et âme, les traumatismes laissés par cette attaque seront quant à eux bien plus durs à faire disparaître.

You had me well Mister Laugier

Commençons par parler de l’histoire et c’est incroyablement dur d’en parler sans vous spoiler un maximum.
Tout d’abord, je pensais parler de la foule de clichés qui se pressent dans ce film, comme si le scénariste n’avait qu’une seule chance de faire un film et qu’il avait ABSOLUMENT envie de traiter tous ces thèmes.

Séquestration, possession, thriller psychologique, tout y passe.

Mais arrivé à la moitié du film, un retournement de  situation m’amène à penser que finalement, ces clichés sont acceptables et même font partie de cet élément scénaristique. Et puis je me suis mise à écrire cet article et me suis dit « Non, les clichés sont là dès le début, ils sont légèrement désamorcés par la moitié du film mais il est important de les souligner. »

Ghostland - Critique

S’il y a bien quelque chose qui a le don de me faire sortir du film que je regarde et de ma position de spectateur pour me déposer dans celle d’analyste au rabais, c’est bien la paresse scénaristique des films d’horreur. Ne vous méprenez pas, je suis une grande fan du genre, j’en dévore une vingtaine par an, ce qui représente la quasi-totalité des films que je regarde. Mais ce genre souffre de la paresse scénaristique des films largement promus. Bien sûr, le pré-mâché marche bien, combien de films d’horreur utilisent les même clichés ? C’est normal, ça marche bien quand le public pré-pubère se presse dans les cinémas pour voir un énième Scream du pauvre. Alors on finance largement ces films et pas ceux qui cherchent à se faire une place discrètement et qui proposent de bons scénarios qui sortent des sentier battus. C’était le cas de Nemesis dont je parle souvent pour illustrer ce que devraient chercher à faire les films d’horreur en général : Raconter une histoire.

Et pas « Chercher à nous faire sursauter. »

Bref, ça me rend folle de voir ce genre de festival toujours hyper pointu finir par ovationner des films souffrant ce cette paresse et Ghostland en fait partie. Pour vous illustrer ça, je vais vous faire part d’un passage du tout début du film.

Beth, l’héroïne fan de Lovecraft (comme de par hasard) tombe sur un journal dans une station service désertée. On voit le titre, quelque chose comme « Des tueurs séquestrent et tuent une famille de 5 personnes, seuls les jeunes filles y survécurent »

Cette vision fugace du journal suffit à nous fait comprendre déjà avec la subtilité d’un tractopelle que c’est ce qui va arriver à nos protagoniste mais ce n’est pas assez.

Beth va avoir le regard très long sur ce journal, le prendre et le lire, sa soeur la rejoint et alors que cette dernière s’occupe d’essayer des lunettes, elle lui demande ce qu’elle a trouvé. « Un journal qui parle de meurtres dans la région. » Bon, déjà c’est appuyer un peu plus sur ce fait, comme si le réal avait peur que le spectateur ne comprenne pas, mais soit et sa soeur fait mine de s’en foutre avant de lui demander ce qui est écrit.

Beth répond « Des meurtres, les parents sont tués et les tueurs séquestrent juste les filles. » Bon, le tractopelle est rentré dans le magasin et je commence à soupirer intérieurement. Je ne suis déjà plus dans le film. Puis encore, Beth reprend « Les filles sont des sœurs qui ont à peu près notre âge. »

TA GUEULE, TA GUEULE ON A COMPRIS PUTAIN.

Et c’est pour ce genre de clichés que j’ai pas envie de pardonner le film de la paresse dont il fait preuve et qu’il tente de justifier d’un « Eh, c’est normal, c’est fait exprès ! »

Ghostland - Critique

Le lexomil qui va bien

C’est le premier film du réal que je regarde, je n’ai donc pas de point de comparaison, mais l’ami Death Ray Chronicles, féru de cinéma s’il en est, m’a précisé que le point que je soulève est une habitude de Laugier mais bordel.

Ce film CRIE. Il te HURLE à la gueule tout le temps, chaque scène est entourrée d’un bruit assourdissant de cris hystérique.
Je ne dis pas, si j’étais dans la même situation, je gueulerai aussi, sûrement plus même si j’ai la ferme conviction que je serai capable de faire une attaque, de me rouler en pls en devenant folle ou juste déconnecter mon cerveau pour toujours, bref. Le problème est que c’est constant, j’ai fini le visionnage avec l’envie de détacher mes oreilles, de les déposer dans mon vide-poche et de hurler.

Ghostland - critique
TAISEZ-VOUS !!!

Par pitié, pitié, pitié, donnez un Lexomil à ces actrices.

FUCKING. MYLENE FARMER.

Ghostland a une distribution assez intéressante. Les deux actrices ont des physiques plutôt lisses, de ceux qu’on peut voir dans les comédies adolescentes mais sont déformées tout au long du film. On les voit défigurées, maquillées salement, torturées, c’est un classique des films d’horreur et plus particulièrement des Slashers. Seulement, les deux actrices font le taf, largement, je ne me suis pas à un instant sortie de leur interprétation et c’est assez fort, j’ai la capacité de concentration d’un moineau et me retrouve souvent à me demander à quoi pensaient les acteurs à tel ou tel moment, là non.

L’Ogre, lui, est horrible, enfin ce personnage entier est AFFREUX, il n’est pas gore, pas désarticulé comme les figures qui me terrifient habituellement, lui est sale, crasseux, dégoutant. Et c’est parfait, c’est le rôle de l’acteur qui l’incarne, il a sû donner à cette créature des enfers une franchise que je n’ai que trop peu souvent voir. Je ne sais pas vraiment comment l’expliquer, mais ce personnage est assumé, et ça fait plaisir à voir.

Ghostland - Critique

Et PUTAIN, oui, j’y viens, j’ai fais la blague dans mon titre mais MERDE, y’a Mylène Farmer dans ce film ! Je trouve ça tellement WTF et cool alors qu’en fait c’est parfaitement logique, ce n’est pas la première incursion de Mylène Farmer au cinéma mais merde, voir l’icône des nuits blanches passées sur MCM avec ma soeur et ma meilleure amie d’enfance lors de rétrospective de ses clips qui duraient toute la nuit casser des culs et poignarder, mordre, boire des bières, recouverte de sang, c’est toujours épique. Elle joue très bien d’ailleurs, elle m’a émue en mère un peu bourrue, amoureuse du talent de sa fille, la regardant avec des yeux pleins de bonté. Ca m’a rappelé que ma mère corrigeait les textes de Noir. Et c’est con, mais ça m’a fait sourire.

Ghost-doll-land

Visuellement, le film n’est pas fou. Vraiment pas fou. Pas d’angle de caméra un peu sympa, un peu inventif, rien qui ne sorte de l’ordinaire pour donner une patte spéciale à ce film. Et même lorsqu’il pioche ça et là dans les classiques de l’horreur, rien ne va.

J’ai peur des poupées, sûrement un relent de Silent Hill ou Project Zero… Ou la maison de ma grand mère maternelle. Bref, j’ai une peur panique des poupées (et des grosses gamines, je vous raconterai ça un jour) et d’ordinaire, il suffit que j’en voie une dans un film pour que ma pression sanguine augmente (ce qui, croyez moi, n’est pas du luxe) et que mes mains deviennent moites. Alors là, vous imaginez, une maison REMPLIE de poupées. Eh bien pas du tout. Je n’ai pas eu une seule fois peur de ces poupées là, je ne saurai pas me l’expliquer. Mais elles ne sont pas effrayantes, elles n’ont aucune utilité que décorative, on dirait que le gars qui s’en est chargé s’est juste dit « Bah quoi ? Ca fait peur les poupées, et puis on va habiller les filles en poupées aussi. Pourquoi ? Bah c’est flippant. Quoi ? Rien ne le justifie ? Mais ballec’, ça fait peur j’te dis ! »

Sauf que non, mouais, ce film pourrait se résumer à un « Mouais » et ça me fait chier. Pourquoi ?

Gâchisland

J’aurais aimé aimer ce film. Parce qu’il traite d’un sujet qui peut être intéressant, le parasitisme de l’environnement chez les criminels. Il a déjà existé des cas où un tueur après avoir assassiné une famille ou une partie d’entre elle, reste sur place pour vivre, expérimenter, évoluer aux côtés des membres restant, en imposant bien sûr la menace d’un meurtre terrible et j’avais cru que le film pourraient en parler intelligemment, mettre en avant ces phénomènes hors du commun, j’aurais adoré écrire quelque chose dessus, mais non. On a juste le droit à une banale histoire d’horreur. Merde quoi ! Tout ce potentiel ! IL Y AVAIT MÊME UNE APPARITION DE LOVECRAFT BORDEL.

D’ailleurs le réalisateur a indiqué dans une interview qu’il n’avait pas d’admiration particulière pour Lovecraft mais que son personnage si et qu’il serait intéressant de faire cet hommage. Sauf que, comme pour les poupées, ça sonne faux.

On rend hommage à Lovecraft en illustrant son imagination sombre, en mettant en scène ses lieux infernaux, son esthétique poisseuse, sa terreur moite des grands anciens. On rend hommage à Lovecraft comme le fait BloodBorne, on ne rend pas hommage à Lovecraft en récitant un texte écrit par Beth alors  que sa mère lui dit « On dirait du Lovecraft » (ce qui est bien sûr faux) et en le faisant apparaître en mode « MEUF, je suis TROP fan de ce que tu écris. » Non. Et je clôturerais cet article en rendant hommage au travail de vrais passionnés de l’horreur. Des bisous.

Ghostland - Critique

Vous me découvrez à peine ?
Suivez moi sur :
Facebook
Twitter

Publicités

Donnez votre avis !

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

w

Connexion à %s