Les trois Paris – A travers les yeux d’une Pagu

Eh non, je ne fais pas un mix assez étrange entre le comédie des Inconnus & l’excellent film de deux d’entre eux, j’ai cité Les trois frères & Le pari, mais bien un billet d’humeur.

paris provinciaux

J’étais paisiblement en train de digérer un copieux burger au brie et au poulet frit (sans oublier les oignons rouges) dégusté dans un vieux troquet dont je crois que c’est le nom d’ailleurs (Troquet hein, pas Burger) quand j’ai commencé à réfléchir à propos de Paris.

Ca m’arrive de réfléchir, mais ce n’est jamais vraiment bon.

Paris, son charme, sa crasse.

Ce troquet donc, était vraiment sympa, pas le genre « Ouf » comme ce restaurant de ravioli nommé « Restaurant Raviolis » (situé à Belleville, une tuerie), mais vraiment sympa. J’y étais accompagnée de ma camarade de beuverie, de marketing & de potins, Margot, crevette adorable d’environ 1m10, et nous avons parlé toute la soirée. En rentrant, je suis passée par la Chapelle (Majuscule à La ou à Chapelle ?), par Barbès, par Pigalle, par Stalingrad (J’adore ce nom) et finalement, Jaurès.

Une fois chez moi j’ai rangé mon Badge en pensant à toutes ces horribles meufs que je vois dans le tromé le matin, qui se ressemblent toutes, qui ont toute la même personnalité que je n’avais croisé nulle autre part qu’à Paris et qu’il me tente d’appeler des « Salopes de Parisiennes » mais salope me semble trop inadéquat. Non, les « Connasses de Parisiennes » ou les « Coincées de Parisiennes » c’est mieux.

Je me demande sur quoi je vais ranker avec ça en SEO…

Et je me suis demandée « Attends, c’est qui les vrais Parisiens ? Quelle image stéréotypée tu as de Paris ? Quel est le cliché qui définit le mieux l’ambiance que je ressens à Paris ? »

Paris provinciaux

Et j’ai réalisé que je ne voyais pas UN Paris, mais DEUX Paris. Le Paris des Coincées de Parisiennes et leurs connards sortis d’HEC et celui des habitants de mon quartier, du quartier de Margot, de Lamarck, la Chapelle, Barbès… Et je me suis arrêtée. Il y a TROIS Paris. N’oublions pas ce Paris sale, qui vomit ses passants, qui regorge de misère sociale et d’inégalités difficiles à supporter.

Trois fois plus d’emmerdes.

Quel est le Paris que je préfère alors ? Celui des habitants bien sûr, au sein duquel on peut trouver tellement de diversité, et je dis pas ça pour faire ma gauchiasse hein, de diversité d’arrivée : il y a ceux qui ne sont pas originaires de France mais aussi ceux qui sont d’ailleurs.

Il y a Margot, arrivée de Nice par exemple, non je déconne, je sais que c’est Sète, j’ai encore des cicatrices de piqûre de moustique partout sur le corps comme cicatrice. C’était pas ma guerre OKAY ? Mais aussi tous les autres, ceux que je croise tous les jours, ceux qui arrivent aussi à m’étonner en me disant « Ah non moi je suis né à Paris ».

J’ai toujours envie de leur répondre « QUOI ?! Mais comment tu faisais pour te le permettre ? »

C’est dans ce Paris là que je retrouve mes repères Grenoblois, ces bars de vieux hippies sosies de Goldman qui parlent vélo comme ils te raconteraient la bible, mais aussi ces Bobos qui sirotent de l’homéopathie liquide et qui font des cures de je-ne-sais-quoi-mais-on-dirait-qu-ils-ont-prit-de-la-coke. Il me manque juste un peu de vie créative à Paris, la radio me manque, mes amis me manquent, bref.

Il y a ensuite le Paris des Connasses. Alors elles, mais elles, mais ELLES PUTAIN ! Ou Ils hein, la version mec est tout aussi horripilante mais je suis programmée de nature pour attaquer ce qui est le plus menaçant pour moi, les femmes.

Cet hiver elles ont toute eu le même look, lunettes rondes fumées, bun ou semi-bun faussement détaché, looooong manteau en matière assez.. Inqualifiable, entre la moquette et la laine bouillie, un jean brut retroussé et des Stan Smith or else. Je les croise tous les matins dans le métro, à Levallois (oui, forcément quand tu bosse entre le crédit agricole, Elle et L’Oréal, t’es un peu dans le triangle des Bermudes de l’originalité tu vois ?) et j’ai toujours envie de les secouer, je sais pas pourquoi, je suis très honnête, je peux pas les piffer.

Mais j’ai l’impression que c’est réciproque, une sorte de haine s’est installée entre nos deux ethnies. J’ai peur de rien, je fais 1m80 et je peux roter sur commande, plus rien ne m’arrêtera OKAY ?

paris provinciaux
Illustration de mes propos.

C’est dans ce Paris que se concentrent tous ces « must-do » de Paris, La tour Eiffel, (que je n’ai jamais vraiment vue à moins de 1km je crois) le musée Grévin, le pont des art ou le centre Pompidou, que je connais bien grâce aux cours de Muséologie qui ne m’ont servi à rien dans ma vie à part décrocher un beau 12 au bac. Honorable score après avoir confondu Branly et Beaubourg.

C’est dans ce Paris qu’on peut aussi retrouver ces grands magasins qui brassent du luxe, un luxe illusoire, payer 1000 balles un sac aux galeries c’est pas le vrai luxe, vous croyez vraiment qu’un Emir se « fait un petit plaisir » comme vous quand il s’achète un sac ? S’il vous plait ! Bref, dans ces coins aussi qu’on peut trouver la grande épicerie, où chaque chips se monnaie en Bitcoins entiers et où une bouteille d’eau devient un vrai luxe. La légende raconte que c’est là bas que se retrouvent toutes les Connasses de Parisiennes après avoir passé le troisième age et avoir passé leur vie à s’auto-congratuler.

Elles s’y retrouvent et on dit qu’on peut alors entendre des incantations étranges et perturbantes : « -Kozy c’était quand même un vrai Président ! »  » Vous voulez voir une photo de mon chat ? » « Les noirs quand même y’en a tr- mais chuis pas raciste hein ! »

Et finalement le troisième Paris.

Ce troisième Paris que je ne côtoie que très peu tout en le croisant à chaque déplacement. C’est ce type qui me demande de la monnaie, celui là aussi, et lui, et ce gars que je sais pas ce qu’il fait, non, sérieusement, il se rase les jambes dans le métro, bref. Je les croise tous les jour, je leur dis que je n’ai pas de monnaie, ce qui est très souvent vrai, la monnaie me fait chier et tous les jours j’ai un pincement au coeur. Je n’ai aucune idée d’à quel point ça peut être dur de ne pas avoir d’abri, de coin où se reposer, d’endroit à soi, de refuge, très peu d’ami, un comportement auto destructeur, je ne sais rien de tout ça et pourtant j’arrive à en avoir mal au coeur rien que d’y penser.

C’est ce Paris qui mis en rapport avec celui cité plus haut me donne envie de hurler, d’arracher ces éclairages à 3 000 boules juste pour que les galeries restent allumées toute la nuit, sait-on jamais, et je les forcerait à les faire rembourser pour aider ces gens, mais qui suis-je alors que moi même il m’arrive de jeter des trucs alors que je pourrais les donner à une asso ?

Pauvreté à Paris

C’est ce Paris et ces lieux puants, infestés de rats, j’ai eu un rat et bordel, ceux que j’ai vu à Paris avaient clairement soulevé plus de fonte en un jour que le mien en 10 vies. Cette seine qui dégouline de déchets, qu’on ose à peine toucher du doigt sous peine de choper le cancer du typhus, ces lieux qui sentent la pisse comme j’ai jamais senti même dans des bars à bière en fin fin de soirée.

Voilà, je me suis fait cette constatation en reposant mon badge du travail. J’ai bu un peu de coca, je me suis affalée devant mon ordi et j’ai commencé à écrire tout en sachant que demain matin, je passerai à nouveau par tous les Paris l’un après l’autre et que je reviendrai me coucher dans celui que je préfère.


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