Assassin’s Creed Origin : critique d’une désabusée

Deux ans après le précédent opus, Assassin’s Creed revient avec Origins, le AAA gaming de Noël. Alors est-ce que cette pause fut profitable à la série ? Est-ce que c’est enfin redevenu bien ? Mon avis !

Assassin's creed origins avis

Ceux qui me connaissent savent que je voue une haine féroce envers les techniques commerciales de la firme Ubisoft. Sortir un opus du lessivé Assassin’s Creed tous les ans avait réussi à tuer dans l’œuf les très bonnes idées qu’avait pu avoir les développeurs du premier jeu. Collectibles de l’enfer qui popent partout et nulle part, histoire manichéenne au possible, délires techno-politico-esotériques qui à force de tout mélanger ressemblent à un pudding de Noël, bref, j’en pouvais plus. Pourtant, j’ai adoré le premier, son personnage principal, Altaïr, que tout le monde semble avoir oublié au profit d’Ezio, était parfait pour un stand alone très sympatoche quoi que LÉGÈREMENT répétitif. Mais le grand capital est passé par là, eh oh, on a quand même pas développé un moteur physique, une intrigue et des personnages pour les laisser vivre tranquillement le quotidien d’un jeu ambitieux et sympa. Non, il faut les rentabiliser, extraire toute la substance de tous les personnages qui auraient pu être sympa, faire 10 opus dessus (Ezio m’entend-tu ?), presser l’intrigue comme une noix dont on cherche à extraire l’huile et se retrouver uniquement avec une coquille brisée dans les mains.

Oui Ubisoft est une machine de guerre vidéoludique et vos envies de découverte et de renouveau, vous pouvez vous les foutre au cul. Mais l’année précédente, pas d’Assassin’s Creed au pied du sapin. De là à y voir le signal d’une prise de conscience de la part de la firme, il n’y a qu’un pas que je franchis en maintenant la touche X enfoncée pour faire du parkour.

Assassin’s Creed Origins : le berceau de la vie

Assassin’s Creed Origins prend place en Égypte, dans ses âges hauts. On y incarne Bayek, Medjaÿ de métier (mais gardien de la paix avant tout) chargé de protéger le peuple égyptien. Il s’est lancé, aidé de sa femme Aya, dans une quête vengeresse à la recherche des responsables du meurtre de son fils. En effet, celui-ci a rejoint Seth un an auparavant lorsque des suppôts d’une organisation sécrète particulièrement fan de cosplay a décidé de mettre la main sur une relique sacrée en saccageant son village.

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Voilà l’histoire, oui c’est tout, mais écoutez, il s’agit d’Assassin’s Creed, osez me dire qu’Assassin’s Creed III avait une histoire élaborée. Malgré tout, ça fonctionne, on ne lance pas le jeu pour se prendre en plein visage un scénario d’une complexité dingue. Il y a les gentils, le peuple égyptien et les méchants, les hommes masqués. Remplacez-les par des Assassins et des templiers et vous aurez le scénario final de tous les jeux de la série. Sur ce point-là, l’année de pause accordée à la franchise n’a pas changé grand-chose. Amis amoureux de Lore et de background passez votre chemin.

Gameplay des origines ?

Pour les quelque 20 heures passées sur le jeu, je peux donner un bon aperçu des commandes et de la prise en main.

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Bayek, s’il est un medjaÿ est avant tout un Assassin tout ce qu’il y a de plus traditionnel. Amateur rompu au parkour, une simple touche lui permet de faire des sauts, de rouler, d’attraper n’importe quel rebord et d’escalader quasiment en roue libre.

Alors sur le papier, c’est génial, en réalité, on a parfois l’impression que Bayek est un aimant et que l’Égypte est le royaume des frigos. Il se colle à tout, attrape tout, roule sur tout, grimpe sur tout. Il me rappelle ces jouets qui coûtaient que dalle et qui représentaient de petits personnages aux mains et pieds représentés par des boules autocollantes. On les balançait sur le mur et elles redescendaient dans un ballet dégueulasse et erratique. Bayek c’est pareil. Mais il s’agit d’une des composantes principales des jeux de la franchise, je ne devrais plus m’en indigner, et pourtant, je trouve qu’en tant d’années de développement et de travail sur la série, ils auraient pu optimiser les déplacements du personnage.

Parfois, nous jouons une chercheuse d’Abstergo, entrée dans les mémoires de Bayek depuis son tombeau. En plus d’être, pendant une grande partie du jeu, d’une utilité toute relative, ces séquences nous prouvent qu’Ubisoft a abandonné l’implémentation de nouvelles animations aux personnages. Elle se déplace comme Bayek, grimpe comme Bayek, saute comme Bayek et lorsqu’elle réfère de son parcours à sa coordinatrice par téléphone, elle dit « Oh, je suis fatiguée, c’est crevant de crapahuter » alors qu’il y a quelques secondes, je la faisais grimper à même la roche sans aucun problème, sans animation qui pourrait manifester de sa fatigue ou même de ses essais infructueux pour devenir une reine de l’escalade.

GPS chameau et quêtes annexes dans Assassin’s Creed Origins

Au début du jeu, nous n’avons pas le choix dans les montures qui accompagneront Bayek tout au long de son périple. Nous voilà en tête à tête sur les routes du désert avec Voyageur, qui n’est pas le nom d’une énième navette spatiale, mais bien d’un chameau devenu notre meilleur ami. Sauf qu’en fait, dès que j’ai eu quelques deniers (anachronisme de l’enfer), j’ai acheté une nouvelle monture, un cheval parce que Voyageur était lent comme la mort, lent comme une journée chez papy-mamie à regarder le télé-achat. C’est dire. Mais une fois en possession de l’étalon, rien ne m’arrêtait plus.

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Ce chameau va vous étonner.

Le jeu propose un système ingénieux de « suivi de route ». En résumé, si vous lancez votre monture sur une route tout en appuyant sur X, celle-ci la suivra sans se poser de question et si vous appuyez sur une autre touche elle se dirigera vers le marqueur que vous avez indiqué sur la carte.

Vous pouvez totalement poser la manette au sol, aller vous faire un thé, un café, un gigot de 12 heures, quand vous reviendrez devant la console, Bayek et sa monture seront arrivés à bon port sans que vous n’ayez rien eu à faire. Ce qui semble diminuer l’intérêt de l’expérience joueur est en fait, selon moi, une bonne idée.

Nous en parlerons plus bas, mais la carte est immense, pour aller de Siwa à Alexandrie à pied, vous pouvez poser l’intégralité de vos RTT, croyez-moi, vous allez en avoir besoin. Second point, qu’est-ce qu’on trouve en Égypte ? Des temples ? Mouais, des rivières ? Ouais, mais on trouve surtout beaucoup, BEAUCOUP de désert, de sable, de dunes et il y a plus passionnant à arpenter. Ce système permet alors de réduire la frustration de devoir parcourir de longues distances sans « intérêt ».

Autre point positif et très utile, en ville lorsque je cherchais à rejoindre une mission, je laissais mon cheval regagner le marqueur alors que je m’envolais dans les airs grâce à Senu.

Senu, c’est la chouette de Bayek, elle permet de reconnaître les lieux avant d’y arriver, de localiser les éléments clés d’une quête (Ennemis, but, trésors) et est un vrai allié de poids dans le monde impitoyable qu’est l’Égypte. Alors tandis que Bayek était tranquillement en train de rejoindre le marqueur, Senu explorait les airs, regardait un peu à gauche à droite, profitait du paysage et oui, oh, de temps en temps faire ce que la chouette est censée faire : repérer des trucs.

Mais qui dit marqueurs personnalisés dits side-quests, il nous faudra affronter celles de cet opus avec la même appréhension que j’avais en ouvrant le panneau des quêtes dans Assassin’s Creed IV : Allais-je devoir chercher des plumes à l’autre bout du monde ? Dois-je collecter les paroles de chansons ? Eh bien non, pas de collectibles dans Assassin’s Creed Origins même si certains détails éveilleront en nous une peur panique du retour de la side-quest de merde. Les quêtes annexes ne sont pas folles, loin de là, très loin de là, mais au moins elles ne sont pas : mauvaises, inutiles, hors propos et énervantes.

The Witcher Origins

Oh, vous n’allez pas me la faire, vous saviez qu’inévitablement, nous allions parler de cette comparaison très facile à faire.

Assassin’s Creed Origins est-ce le The Witcher III du pauvre ?

Vu tout ce que j’ai cité auparavant, vous seriez en droit de me dire « Fanny, t’as testé The Witcher III version leader price ? » Et je serais tentée de répondre…

Non.

Pour une fois, une rare fois dans ma vie, j’accorde un point à Ubisoft, pas en l’opposant à The Witcher hein, mais juste en tant que jeu à part entière. Il est plaisant à prendre en main et certains détails rappellent certes les mécaniques de The Witcher, mais apportent des modifications intéressantes. Après, pour tout vous avouer lecteurs assidus, je me suis quand même prise à faire la comparaison, mais sûrement parce que j’avais entendu de nombreux critiques comparer les deux jeux.

Pourtant, il est simple de comprendre pourquoi ils se ressemblent. À l’arrivée de The Witcher 3 sur le devant de la scène, les longs RPGs en monde ouvert n’avaient pas vraiment la côte et il est arrivé à instaurer un nouveau mode de jeu, à la fois basé sur des scènes d’action, de combat dynamique, mais qui sait également rester en contact avec les fondamentaux du RPG : amélioration des compétences, crafting, recherche de meilleurs équipements… Il est normal qu’Assassin’s Creed : Origins cherche à s’inspirer de ce que les joueurs ont apprécié dans le titre au sorcereur : simplicité pour se déplacer, monde immense, quêtes diversifiées. Alors les deux jeux ont des similarités, mais sont loin d’être des copies carbone.

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En définitive, j’aime beaucoup ce jeu qui souffre certes des défauts d’une production Ubisoft, mais qui parvient à se différencier de ses prédécesseurs par son histoire, l’époque qu’il traite et grâce à la compréhension des attentes de certains joueurs plus adultes qui en ont marre d’aller chercher des plumes à l’autre bout d’une carte où seuls règnent l’ennui et l’envie de mourir. Assassin’s Creed Origins ne sera pas mon jeu de l’année, mais en tout cas, il sera sans aucun doute celui qui m’a redonné une légère foi en la série. Et franchement, vu comme on était partis, c’est déjà loin d’être mal.

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