Mother ! Critique pas très objective

Mother ! Le film que j’ai vu y’a 2 mois, que j’ai adoré et dont je savais pas comment parler. Bon bah… On y va ?

Depuis mon arrivée sur Paris, j’ai une lubie, dès que je m’ennuie, paf, cinéma. Si ce mois de novembre ne m’a pas apporté ma dose de films que j’ai envie de voir, j’ai décidé d’ENFIN parler de Mother !, vu au cinéma il y a peu.

Mother ! critique

Difficile de résumer Mother, je me souviens avoir essayé, à Eindhoven (en Hollande, mais tu le savais déjà), crevée comme jamais, à un de mes collègues (Chabrol, tmtc). Il a dû en ressortir avec le résumé suivant « C’est une maison. »

Un couple rénove une maison. Elle est plus jeune que lui et leur relation vient de s’officialiser. Leur rêve ? Un enfant. Seulement, lui est auteur et doit se débattre avec le manque d’inspiration, alors quand un de ses fans débarque chez eux en pleine nuit, il n’a pas le cœur de le laisser repartir. Il n’a pas le cœur, même quand sa femme vient le rejoindre, il n’a pas le cœur même lorsque leurs enfants, adultes, en viennent à se disputer dans la maison, emportant avec eux la dernière once de repos que renfermait ce havre de paix. Il n’a pas le cœur même quand le pire se produit, laissant une marque indélébile dans l’enceinte de la maison.

On avait dit pas les Mothers !

Il faut dire que premièrement, le film est magnifique. Vous prêchez une convaincue, j’aime les plans admiratifs, qui installent une ambiance, Micheal Bay peut aller se rhabiller avec ses explosions, je n’en ai pas besoin pour être captivée. Les longs plans séquences, mouvant au rythme des acteurs sont tout bonnement magnifiques. Comme si elle ne s’en rendait pas compte, la caméra est littéralement fascinée par la femme de l’auteur, Mother.

Mother critique

Car oui, Mother ! est un film métaphorique, plus que métaphorique, il en est même complètement inconsistant si on en arrive à ne faire que le regarder. Il faut chercher à le comprendre, à associer à chaque personnage son pendant biblique. Car oui, Mother ! parle religion et création, deux thèmes qui me sont chers, surtout dans l’illustration trop souvent divine du créateur. Pas dieu hein, le Créateur comme image mystique, l’artiste. Le réalisateur fait le lien entre les deux avec un brio rare. Car oui bordel, des fois j’utilise des mots de chroniqueur télérama. C’est connu la branlette intellectuelle fait vendre.

MILF

Parlons casting ! Mother est jouée par Jennifer Lawrence, actrice que j’admire au delà des mots (oui, depuis le dernier paragraphe je n’arrive plus à arrêter de parler en « pompeux »). Encore une fois, elle joue excellemment bien dans ce film. C’est très personnel mais en la voyant évoluer dans cette maison immense, suivie par une caméra aussi fascinée que moi, j’avais du mal à dissocier l’actrice du personnage.

Lui, Le Créateur est joué par Javier Bardem, acteur connu dont je n’ai, à ma connaissance, vu aucun film et qui est également très bon dans le rôle de l’homme tourmenté. Tourmenté par son désir de reconnaissance, de fluidité dans son art, de ne plus être dépendant d’une créativité capricieuse, tout comme il aimerait être maître de sa femme, maître de sa maison, maître de son univers. Il joue la folie douce avec tellement de simplicité, ne tombe jamais dans la surenchère, reste sobre. Fou, mais sobre.

S’il est impossible de citer plus de personnages forts, ce n’est pas sans raison. Le réalisateur, monsieur-j’ai-un-nom-imprononçable, Darren Aronofsky, connu pour ses films métaphoriques et « deep » comme Requiem for a Dream, centre l’histoire sur ces deux personnages qui n’ont même pas de nom. Michelle Pfiefer joue La Femme, Ed Harris, l’homme. Leurs fils ne passent devant la caméra qu’en coup de vent et finalement, ce sont plus leurs actes qui occupent la place d’un personnage, constamment là à rappeler à Mother que tout ne va pas si bien dans cette maison isolée.

Allô Maman Bobo

Vous l’aurez comprit, j’ai été absolument séduite par ce film qui rencontre un accueil très mitigé de la part du public. Le film est bon, mais ce qui m’a subjugué et passionné le concernant m’apparu quelques jours plus tard en cherchant justement à rédiger cet article. Je voulais y apporter quelque chose de plus que « Nianiania c’trop beau et bien ». J’avais déjà quelques pistes d’interprétation, pour tout vous dire, je suis rentrée du cinéma à pied après la séance et je n’ai même pas mis de musique sur mes oreilles, toute absorbée dans mes réflexions que j’étais. Ce qui m’a subjugué, vous l’aurez comprit, c’est toute la signification métaphorique du film. Je ne vais pas vous donner les plus grandes théories sur le sujet, d’autres le font bien mieux que moi et avec un background de théologie autrement plus solide que le mien.

Mother critique

Seulement, regardez ce film, regardez le et courrez lire une interprétation sur internet, puis deux, puis 3, vous remarquerez qu’elles pullulent, avec plus ou moins de qualité, mais jamais sans intérêt. J’ai trouvé la mienne et serai heureuse de vous en reparler à l’occasion, mais cette recherche m’a ramené quelques années plus tôt, lorsqu’après avoir bouclé une histoire, j’eus besoin d’en savoir plus, ce n’était pas possible que tout ce que j’avais vu, vécu, expérimenté ne soit qu’un livre sans secret, une sorte de vérité crue servie sans intentions. Ca m’a rappelé quand il y a, je sais pas, peut-être dix ans, j’étais allée chercher les différentes interprétations du jeu Silent Hill 2, encore à ce jour une de mes plus grandes sources d’inspiration et qui a forgé mes goûts esthétiques. Quelques années plus tard, je cherchais l’interprétation de Silent Hill 4 – The Room.

J’espère que d’ici quelques années, j’aurai un autre film à essayer d’autopsier. En attendant, Mother ! est une oeuvre à voir avant de crever si on aime la métaphore. Bisous.

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