[Ciné] Nemesis – Il est passé par ici, il ne repassera pas par là

Sam was here, Nemesis, deux noms pour le premier film de Christophe Deroo, présenté au festival de Gérardmer. Si je n’ai pas eu la chance de le voir sur place, j’ai rattrapé le temps perdu hier soir. Quoi que j’en pense ? Clique !

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Sam est représentant commercial. Sam est envoyé dans le désert pour prospecter. Sam est accompagné d’un ours en peluche démesuré. Sam est seul. Sam est poursuivi.

Premier film de Christophe Deroo, Sam was Here ou Némésis est une production Franco-américaine sortie en VOD ce 6 avril. Depuis que les bandes annonces sont sorties, je ne pense à rien d’autre qu’à le regarder. C’est donc dès que j’ai pu que j’ai téléchargé (Légalement, ça va de soi) le film, je me suis plongée dans le noir, une canette de coca et des chips dans les mains, je pouvais commencer l’immersion.
A la fin du film, je suis restée devant l’écran quelques secondes avant de me lever et d’éteindre la TV, j’avais besoin de calme pour décrypter le réel message du film. Et quand je pensais l’avoir saisi, j’éprouvai une immense satisfaction.

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RIP nounours

Tu le veux mon symbolisme ?

Est-ce que j’ai aimé ce film ? Oui, sans aucun doute ! Pourtant, les critiques sur internet sont impitoyables, elles le qualifient de « décevant », de « soporifique » et pourtant, je n’ai rien éprouvé de tel. Oui les plans sont souvent fixes, longs, lancinants, mais ça donne au film une saveur toute particulière où chaque scène est découpée comme un tableau au mur. Une grande place est accordée au symbolique dans ce film que l’ami Freud n’aurait pas désavoué. Le symbolisme est même le personnage principal de ce film. La fin est exceptionnelle. S’il est simple d’en dessiner les contours dès la bande annonce, elle réussit à surprendre par son traitement et ce personnage absolument effrayant qui semble sortir de nos pires cauchemars Freudiens.

Il s’agit de ce genre de films que vous avez envie de revoir, pour tout comprendre, tout analyser. Malgré quelques soucis principalement liés au manque de budget ou au fait qu’il s’agit, je le rappelle, d’un premier film, le pari est réussi. Les acteurs sont convaincants, Rusty Joiner, qui joue Sam a le physique parfait pour ce personnage. Sans âge, sans autre information sur son parcours dans la vie que celles qu’on nous donne, on le regarde déambuler dans le désert, souffrir et s’énerver, convaincus qu’il s’agit des aventures d’un homme normal.

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Ce film est irréaliste. En plein désert il ne cherche même pas à commander des sushis.

Le film est servi par une bande son incroyable signée Christine. Des sonorités métalliques, parfois erratiques, parfois lancinantes et toujours profondément angoissantes. Elles m’ont rappelé les OST du film Neon Demon et à bien y regarder, à bien y tendre l’oreille, les similitudes entre les deux films sont nombreuses. On suit un personnage, sombrant dans la folie, victime d’un monde dont il deviendra le bourreau. Contemplatifs tous les deux, lancinants, malaisant comme disent les jeunes, ces deux long métrages sont relativement semblables.

Le film m’a également rappelé Silent Hill, si le réalisateur ne s’en est pas inspiré, il a réussi à fournir une adaptation réussie des jeux. Ça parait surprenant, je ne pensai pas que je trouverai là l’ambiance que j’aime tant dans les jeux. La peur angoissante, pas celle qui vous attaque en sautant à l’écran, un profond malaise s’installe petit à petit et son apogée, la fin du film est magistrale. De plus, Christophe Deroo s’offre le luxe de ne faire durer son oeuvre qu’une heure dix, laissant enfin tranquille nos cerveaux, un bonheur comparé aux films qui traînent, qui remplissent, qui durent deux heures pour donner l’illusion au spectateur qu’il en a pour son argent. Oui on peut être parfaitement satisfait au bout d’une heure et quelques.

 Sam was here, soit je l’aime soit je le kiffe

Alors je ne voulais pas faire une critique fortement positive, pas comme tous ces avis que j’ai trouvé sur Senscritique qui parlaient de « Génie ». Mais je n’y arrive pas, j’ai trouvé plein de points positifs à ce film, je l’ai adoré, je le regarderai à nouveau très vite et je le recommande à tous ceux qui aiment Silent Hill, à tous ceux qui adorent le malaise et la psychanalyse des films. Celui ci en est chargé et c’est un réel bonheur.

Je veux plus de films comme ça, je veux plus de cinéma Français de genre. En moins d’un mois, Grave et Sam was here m’ont réconcilié avec le cinéma bien de chez nous ! Merde quoi, ça fait du bien !

Ecouter la bande originale du film
En VOD, le film coûte 5 euros

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